Mes aventures chez les pignoufs...
Acte I : à 21h30, mon voisin de gauche se met à jouer de la perceuse. Bien entendu, rien de plus approprié.
Acte II : cinq minutes plus tard, mon voisin de droite sonne chez moi (?!) et demande d'un ton acide si c'est moi qui fais des travaux. Passablement agacée, je répond : "Mais non, voyons ! J'en suis aussi gênée que vous !" L'autre, qui semble ennuyé de ne pas pouvoir jouer jusqu'au bout le scénario de confrontation qu'il s'apprêtait à entamer, reprend d'un ton grincheux : "Ça va, je vous ai pas agressée !" (Encore heureux.) Je note, au fur et à mesure que nous parlons, que le bruit de perceuse diminue, puis s'arrête. Tiens donc.
Acte III: Toujours le voisin de droite, qui s'enquiert : "Mais alors, qui est-ce qui fait des travaux ?"
Moi : "Je l'entend à travers le mur de gauche, donc ça doit être l'appartement à ma gauche." Et j'indique la direction d'un geste du bras, machinalement. Vous croiriez que cela suffirait à éclairer la lanterne du voisin ? Que nenni ! Il regarde en peu partout et demande à nouveau : "L'appartement d'en dessous ?" (!)
"Mais non, je vous l'ai dit : celui de
gauche !"
"Ah, bon, faut pas vous formaliser, je ne suis pas devin !"
Ce n'est pas non plus un athlète de la comprenette.
Acte IV: Mon voisin de droite, enfin arrivé devant la porte du gars qui, cinq minutes auparavant, faisait faire des heures sup' à sa perceuse. Grand silence. Puis deux ou trois bruits un peu moins forts, du genre d'une mèche qu'on retire et pose sur une étagère...? Je tourne les talons. Mais avant de rentrer dans mes pénates, j'ai le temps d'observer mon voisin de droite (l'air beaucoup plus timide que lorsqu'il frappait à
ma porte, par parenthèse), appuyer sur la sonnette du voisin de gauche... Qui, comme de juste, se tait et ne sort pas de chez lui.
The End.